Le bon fonctionnement d’une entreprise, a fortiori en phase de lancement, dépend de la capacité de son dirigeant à anticiper ses besoins de trésorerie. Trois notions sont ici, pour lui, essentielles :
- Le seuil de rentabilité
- Le fonds de roulement
- Le besoin en fonds de roulement
- Le seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité (ou point mort) est le niveau de chiffre d'affaires minimum que l’entreprise doit réaliser pour être rentable.
Il se calcule à partir des coûts fixes de l'entreprise et de sa marge sur coûts variables.
Il existe deux manières d’atteindre et de dépasser son seuil de rentabilité : limiter ses coûts fixes et/ou vendre beaucoup avec la marge la plus élevée possible.
Dans la réalité, si certaines activités sont rentables dès le premier mois avec peu de coûts fixes (ce qui est plutôt le cas des activités de services), d’autres comme la plupart des activités liées à la mode, requièrent des investissements et peuvent mettre plusieurs années avant d’atteindre leur seuil de rentabilité. L’activité génère dès lors des pertes de démarrage qu’il faut anticiper et qui devront être couvertes par le chiffre d’affaires à venir.
- Le fonds de roulement
Le fonds de roulement d’une entreprise est l’argent disponible qui lui permet de fonctionner au quotidien (hors dépenses d’investissement) en attendant les rentrées d’argent issues de la vente de ses produits. Il est destiné à payer les frais fixes, les fournitures, le personnel, les charges, les prestataires...
Lorsqu’une entreprise se lance, il est généralement estimé à trois mois d’activité.
Attention : s’il est insuffisant, l’entreprise se trouvera inévitablement confrontée à des problèmes de trésorerie.
- Le besoin en fonds de roulement
Le besoin en fonds de roulement correspond à la masse d’argent nécessaire pour couvrir le différentiel de trésorerie induit par le décalage entre les sorties et les rentrées d’argent de l’entreprise.
Durant son cycle de production, l’entreprise doit en effet payer ses matières premières, la production de ses modèles, ses commerciaux, son personnel... Elle doit donc avancer cet argent, qu’elle ne récupèrera que lorsqu’elle aura vendu ses produits. D’où un décalage de trésorerie, à anticiper au plus près.
Le conseil du Pass : limitez vos frais fixes
Lorsque vous créez votre entreprise, évaluez bien ce que vont représenter vos coûts fixes, c’est à dire principalement les locaux dans lesquels votre activité sera installée (loyer + électricité + téléphone + taxes diverses) et les rémunérations (la vôtre et celle de vos collaborateurs si vous en avez).
Calculez ce que ce budget représente à l’année, sachant que quel que soit le niveau de vos ventes, vous devrez le débourser.
Attention donc aux locaux surdimensionnés ou situés dans des quartiers onéreux, aux travaux inutiles, aux notes de restaurants... Limitez vos dépenses aux frais indispensables, tout au moins la première année.
Si vous vous lancez seul, peut-être pouvez-vous installer votre entreprise chez vous et si vous avez impérativement besoin d’un local, optez pour des solutions raisonnables. Les pépinières d'entreprises (entre autres) proposent des locaux professionnels à des tarifs avantageux. Renseignez-vous également auprès des CCI, des organismes professionnels. Demandez conseil également à votre mairie.

