Mode du nord et mode du sud , mode d’emploi Lacroix Christian

Le couturier arlésien, qui se dit lui même « conscient de tout ce que la Méditerranée a apporté à la mode et attentif à tout ce que la mode peut apporter à la Méditerranée », a les couleurs du sud dans le sang.

Depuis 20 ans, sa mode s’apparente à un patchwork de cultures ensoleillées. Longtemps « absorbé par Paris », ainsi qu’il le reconnaît lui-même, Christian Lacroix n’en a, pour autant, jamais oublié les richesses du sud, ses valeurs et sa culture. Il vient d’ailleurs de les mettre en relief dans sa ville, Arles, à travers une magnifique exposition au Musée Réattu.

« Je trouve formidable qu’à travers l’Institut Mode Méditerranée et la Cité Euroméditerranéenne de la Mode, des gens se mobilisent et cherchent des solutions pour que le monde méditerranéen soit unacteur pertinent dans le paysage de la mode, dans tous les domaines et à tous les niveaux. Marseille, par exemple, est devenue un lieu d’échanges permanents, un baromètre de l’époque vécue depuis la Méditerranée avec l’acuité sociale, économique, politique, culturelle, spirituelle qui la traverse depuis des décennies de façon de plus en plus affirmée. »

Selon lui d’ailleurs, « il n’y a pas une mode mais des modes françaises, dont une est née sous le soleil de la Méditerranée ».

« Entre la mode du nord et la mode du sud, les codes sont bien sûr différents, de même que les traditions et le climat, ce qui induit une approche radicalement différente de la mode. Surtout dans un monde latin, où l’apparence compte, où l’on apparaît volontiers selon la tradition des “ramblas” espagnols ou du “passetto” italien. Sans compter les apports orientaux ou arabes, qui ne s’expriment pas de la même manière à Marseille et à Paris. Et puis, la caricature du sud bigarré, opulent, extraverti, est une réalité. Ainsi, l’imprimé n’a jamais disparu dans le sud, même aux « pires heures du minimalisme et du noir/gris/blanc ». Et même si la globalisation, les marques de grande diffusion et la télévision tendent à rapprocher ces deux mondes, « la rue n’y est pas la même. »

Cette tendance à la mondialisation de la mode a fortement marqué Christian Lacroix ces deux dernières décennies.

« Ces marques, qui traduisent très vite les grands courants mis en avant par les créateurs le font plus subtilement que ne l’a fait le Sentier à une époque ; elles touchent ainsi toutes les clientèles. Mais ce qui m’alerte aussi, c’est le désamour que l’on observe envers une mode de plus en plus déconnectée du grand public et la morosité ambiante qui n’aide pas la rue à être plus audacieuse, ni aussi individuelle et personnelle qu’elle ne l’a été jusque dans les années 80. »

Un constat qui n’empêche pas le couturier de poursuivre son glorieux parcours, ponctué d’ouvertures de boutiques - la dernière s’est installée à New York -, de collaborations artistiques telles que la création de costumes de scène, sans oublier la naissance d’un nouveau parfum, “C’est la fête !”, en septembre.

Lacroix Christian

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