La mode ou le désir d'un regard neuf sur soi... Navarri Pascale, Psychanalyste

Psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris et auteur du livre "Trendy, sexy et inconscient, regards d'une psychanalyste sur la mode", Pascale Navarri pose sur la mode un  regard distancié et utile.

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“Echappatoire de l’imaginaire, gage de renouveau, moyen de modifier son image, d’attirer un regard neuf sur soi…” La mode, pour Pascale Navarri, ne se limite pas à la contrainte tyrannique que connaissent les “fashion victims”… D’ailleurs, les véritables fashion victims ne sont pas si nombreuses que cela. La plupart des femmes connaissent, à un moment précis de leur vie, une période “fashion victim”, mais qui ne dure généralementpas. Rares sont celles qui s’enferment dans cet état. Enrevanche, la mode se révèle être pour la plupart d’entre nous unmoyen efficace de construire et de faire varier des éléments denotre identité, grâce à une sorte de jeu psychique entre le passé et l’avenir. Même si “elle peut aller du meilleur au pire”.

La mode nous accompagne tout au long de notre vie, et ce dans ses trois fonctions classiques : imiter, rivaliser, séduire.

Imiter, rivaliser, séduire

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Depuis l’enfant qui, en se déguisant, imite les adultes, notamment ses parents, pour mieux s’identifier et rivaliser avec eux, à l’homme ou la femme qui adopte ses propres codes vestimentaires liés à l’air du temps et prend ainsi ses distancesavec eux, en passant par l’adolescent qui cherche à les séduire tout en s’opposant à eux pour s’autonomiser en adoptant des tenues qui lui sont réservées, la construction identitaire d’un individu se lit aussi dans sa façon d’être avec la mode.

La mode traduit aujourd’hui des phénomènes de société flagrants comme, par exemple, la difficulté pour certains jeunes hommes au look peu viril, appelés les métrosexuels (**), d’intégrer un monde adulte masculin peu rassurant. La rivalité et la séduction prennent aussi parfois des chemins qui peuvent paraître étranges, où il s’agit davantage de se séduire soimêmeque de séduire les autres, la rivalité se focalisant sur une image idéale.

“Globalement, la mode a quelque chose de noble”, souligne Pascale Navarri. Elle permet d’être bien dans son temps. L’acteur, réalisateur et écrivain Terry Jones a dit un jour très justement que la mode nous apportait “la preuve incontestable que nous avons gardé les yeux ouverts, ne serait-ce qu’un quart de seconde”.

Elle est aussi une forme de prise en compte de l’autre et de courtoisie : faire attention à ce que l’on porte et s’habiller à la mode montrent que l’on n’est pas replié sur soi, dans une forme de narcissisme qui dirait que le regard des autres nous est indifférent.Elle se met en outre, lorsqu’elle le peut, au service des grandes causes humanitaires comme la lutte contre le sida ou l’anorexieet intervient dans des domaines sociétaux, comme c’est le cas avec la Cité Euroméditerranéenne de la Mode.

La mode constitue enfin un repère dans notre parcours personnel, grâce auquel nous nous souvenons d’une période ou d’un instant précis, un “rappel léger du temps qui passe avec tout ce qu’il a eu de saveurs et de bons moments…”. Une façon également de croire à des lendemains meilleurs lorsque les lendemains sont compromis.

(texte) Pascale Meunier (photo) Stéphane Degros

Navarri Pascale Psychanalyste

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